L’ÉLÉGANCE CLASSIQUE DE XENIA JANKOVIC DANS LES CONCERTOS POUR VIOLONCELLE DE HAYDN

Xenia JankovicSans forcément révolutionner la vision que l’on peut avoir des deux concertos pour violoncelle de , ce disque intéresse tout autant par la qualité de l’arrangement pour orchestre à cordes de Mladen Miloradovic, que par celle de la lecture que propose .

Le Concerto n° 1 en ut majeur, redécouvert récemment, en 1961, dans le fonds Radenin du Musée National de Prague, et composé probablement entre 1765 et 1769, fut dédié au violoncelliste virtuose Joseph Weigl. De facture éminemment classique, voire galante, il s’appuie sur une virtuosité assez ostentatoire et des contrastes très marqués. Sans doute plus élaboré, le Concerto n° 2 en ré majeur est plus tardif : il fut composé en 1783, vraisemblablement à l’attention d’Anton Kraft, principal violoncelliste de l’orchestre Esterhazy dont fut le Kapellmeister pendant plus de trente ans. Une œuvre qui explore nombre des possibilités techniques de l’instrument, mais qui fait également une large place aux vents (du moins dans la version originale !).

Force est de reconnaître que cette version pour cordes exclusives parvient, et c’est bien là tout son mérite, à nous faire oublier totalement l’absence de vents, tant la symbiose entre les et la violoncelliste est totale, dépassant l’égo pour atteindre à l’égrégore. Une interprétation dynamique, équilibrée, faite d’élégance et de cantabile, où la virtuosité le dispute à la magnifique sonorité du violoncelle moderne Ragnar Hayn 2010 joué par la violoncelliste russo-serbe.

Un disque qui ne déparera pas les discothèques particulières, aux côtés d’interprétations d’autres violoncellistes et chefs d’orchestre dont Xenia Jankovic fut l’élève, comme Rostropovitch, Pierre Fournier, André Navarra ou encore Sándor Végh.

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